Particulier cherche artisan pour travaux

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Cherche artisan désespérément

Des courtiers promettent à leurs clients des travaux plus rapides et moins chers.

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Trouver rapidement les artisans compétents pour rénover un appartement à un prix raisonnable est parfois un casse-tête. Des courtiers en travaux se proposent de jouer les intermédiaires pour cerner les besoins des consommateurs et leur proposer sous 24 heures un à trois devis d’artisans.


Avec sa société Illico Travaux développée en franchise, Nicolas Daumont est le leader sur ce créneau avec 140 courtiers en France et quelques-uns en Europe. Son groupe vient de racheter le réseau Camif Habitat, spécialisé dans la rénovation. Avec le développement d’internet et le décollage des courtiers en crédits ou en assurances, l’appellation « courtier en travaux » s’est imposée.

500 entreprises de courtage de travaux en France

Les contours de la profession doivent pourtant être précisés. A la différence d’un coordinateur de travaux, le courtier ne suit pas le chantier et n’est pas responsable de son bon déroulement. Il ne s’occupe donc pas de très gros chantiers ; chez Illico Travaux, le panier moyen est de 15 000 euros. Quant à la rémunération, elle est entièrement à la charge de l’artisan, qui verse une commission au courtier (10 % en moyenne). Du côté des associations de consommateurs, on ne trouve pour l’heure rien à redire à ce nouveau concept qui n’a pas généré de contentieux. Les organismes professionnels du bâtiment, eux, sont plutôt sceptiques. «Ces courtiers n’ont pas forcément de compétences techniques et leur intervention peut impliquer un surcoût, estime Pierre Tountevich, président du conseil de l’artisanat de la Fédération française du bâtiment. Rien ne vaut le contact direct avec un artisan.» Sans doute, encore faut-il le trouver dans les délais espérés.

Le BTP est confronté au boom des sites de travaux pour particuliers :

Il existe plus de 150 plate-formes internet ciblant le marché des travaux dans les logements privés. Le secteur est en effervescence.

« Nous en avons recensé plus de 150 « , constate Jérôme Vial chez la Fédération française du bâtiment (FFB), qui s’est penchée sur le phénomène.

Batiweb, déjà deuxième acteur du secteur (plate-formes E-travaux et ActiveProspect), vient d’acquérir EasyDevis, ce qui porte son nombre de devis réalisés de 25.000 à 50.000 par mois. Il reste loin du leader Travaux.com/123Devis (près de 100.000 devis mensuels) mais pense tripler son chiffre d’affaires d’ici quatre ans (12 millions prévus cette année). Les plus grosses plate-formes commencent à peser lourd. « Travaux.com et 123Devis travaillent avec 25.000 artisans par an et génèrent un volume de travaux estimé entre 600 et 700 millions d’euros », indique son dirigeant, Sergio Branco. Côté start ups, Xavier Niel, le fondateur de Free, vient d’investir dans « Travauxlib « , dédiée à la rénovation complète des logements. Plateforme Habitat, plateforme d’intermédiation travaux propose depuis 2004 un service de mise en relation de particuliers à entrepreneurs de bâtiment avec près de 10.000 artisans/entreprises de bâtiment.

Contacts payants :

Car le modèle économique du secteur est alléchant. Fin 2015, Promotelec recensait déjà 2,5 millions de demandes de devis par an déposées sur internet. Or le particulier faisant une demande de devis l’ignore souvent, mais pour être mis en relation avec lui, l’artisan paye. Le contact coûte en moyenne 20 à 25 euros mais varie selon son corps de métier et le nombre de contacts achetés. « Cela peut aller de 18 euros à 30 ou 35 euros par contact, les plus chers étant ceux concernant la fenêtre, l’isolation et le chauffage « , indique ainsi Nicolas Ricart, dirigeant fondateur de Batiweb. Quand de surcroît la plate-forme a vérifié, en appelant le client, le caractère concret de son projet, le contact devient « premium » et son prix grimpe encore (39 euros chez E-Travaux par exemple). « Certaines plateformes de devis ont aussi un abonnement mensuel (tel Homly You, du groupe Saint-Gobain), d’autres vont jusqu’aux travaux et prennent une commission sur leur montant, en moyenne de 2 %, ou encaissent le montant des travaux et ne le rétrocèdent à l’entreprise qu’un mois plus tard», poursuit Jérôme Vial.

S’ajoutent au paysage les sites entre particuliers pour de petits travaux, où le panier moyen est inférieur à 1.000 euros, (contre 6.200 euros chez Batiweb et 3.000 chez Travaux.com), qui « ubérisent  » une partie du secteur en l’ouvrant aux bricoleurs du dimanche au grand dam des professionnels.

Artisans peu satisfaits :

Le secteur est en effervescence mais « seuls 38 % des professionnels sondés par la FFB se déclarent satisfaits des plate-formes « , observe Jérôme Vial. La satisfaction est supérieure chez les clients mais Promotelec notait fin 2015 que 43 % des demandes de devis déposées ne trouvaient pas de professionnels…

Côté artisans, les gagnants de la digitalisation sont en fait les jeunes. « On observe chez nos artisans un contraste entre les moins de quarante cinq ans, qui voient en temps réel sur leur smartphone les demandes de devis reçues par sms, et les plus de cinquante ans, qui ont du mal à répondre à temps aux clients, voire ne répondent pas, ou ne les relancent pas ensuite, commente Nicolas Ricart. La transformation des devis en commandes est bien plus élevé chez les jeunes « .

Pour l’heure, seuls 13% des professionnels (artisanplombier, chauffagiste, vitrier, serrurier, électricien, installateur volet roulant …) sondés par la FFB déclarent que les plate-formes ont généré une concurrence pour leur activité mais elles émergent à peine : sur les 2.000 particuliers sondés en janvier, seulement 11 % étaient déjà passés par une plate-forme pour trouver un prestataire. Dans le même temps, 61 % déclaraient connaître leur existence, ils devraient donc sauter à l’avenir.